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 [Inclassable] Tim Burton

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King Burton
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MessageSujet: [Inclassable] Tim Burton   Mar 9 Oct - 12:45

Naissance, enfance, adolescence

Il grandit dans la maison familiale de Burbank, une petite ville Californienne située aux alentours de Los Angeles qui avait pour particularité d'accueillir bon nombre de studios de cinéma très renommés tels Columbia, Warner Bros et surtout Disney.
Bien que Burbank puisse sembler en endroit particulièrement excitant pour le futur réalisateur que sera Tim Burton; il n'en garde que le souvenir d'une ville plutôt paisible mais sans âme, peuplée de gens à la normalité déconcertante et à l'ouverture d'esprit toute relative, figure d'une certaine Amérique qu'il s'essaiera plusieurs fois à dénoncer dans son travail ultérieur.

Introverti et éprouvant des difficultés autant à la maison qu'à l'école, il passe le plus clair de ses temps libres à regarder des films de monstres et d'horreur, à la télé ou au cinéma. Il y découvre donc un certain cinéma qui aura une influence cruciale sur sa carrière à venir, à travers les films de la Hammer (un studio anglais qui produisit des films d'horreurs "gothiques" depuis la fin des années 50 aux années 70), l'emblématique acteur Vincent Price (auquel il rendra plus tard hommage et qui deviendra son ami) ou l'excentricité du réalisateur Ed Wood (au sujet duquel il fera également un film).

Quand tu es plus jeune, tu crées ta propre mythologie et tu détermines ce qui te touche. Et ces films, leur poésie, ces personnages plus grands que nature qui traversaient tant de tourments – la plupart imaginaires – m'interpellaient comme d'autres enfants ont pu être interpellés par les films de Gary Cooper ou John Wayne.»

A part cela, il est un enfant comme les autres, qui aime dessiner, jouer ou regarder passer les avions décollant et atterrissant de l'aéroport tout proche.
Quelques faits anecdotiques marquent tout de même son enfance, comme le fait de terroriser son petit voisin en lui faisant croire à l'invasion imminente des martiens; ou encore le fait que ses parents aient murés, pour une raison inconnue, la fenêtre de sa chambre donnant vue sur le jardin. Il se voyait alors obligé d'escalader son bureau pour pouvoir apercevoir l'extérieur, évènement qu'il associa "à la nouvelle d'Edgar Allan Poe où un homme est emmuré vivant et brûlé vif. Voilà le genre de sentiments que j'éprouvais à l'égard de mon monde. Burbank, cet endroit mystérieux!".

S'entendant apparemment peu avec sa famille, il quitte la maison familiale à 12 ans, et s'en va vivre chez sa grand-mère, qui lui louera ensuite un petit studio à ses 16 ans.

Tim Burton au royaume enchanté


Calarts

En 1976, alors âgé de 18 ans, Tim et son talent très précoce sont repérés par des chasseurs de têtes travaillant pour Disney et obtient une bourse pour intégrer CalArts (California Institute for the Arts), une école fondée par le studio pour constituer un "réservoir" de talents dont beaucoup travailleront ensuite au sein de la célèbre entreprise.

Il y rencontrera certaines pointures actuelles (John "Pixar" Lasseter, Brad Bird, John Musker, Glen Keane...) et quelques uns de ses futurs collaborateurs, dont Rick Heinrichs ou encore Henry Selick (réalisateur de l'Étrange Noël de Mr Jack) qu'il côtoiera au cours d'animation expérimentale enseigné par Jules Engel.
S'il supporte mal l'enseignement "militaire" de l'établissement, il y réalise Stalk of The Celery Monster par lequel il se fera remarquer avant d'être embauché comme animateur dans le studio.

Tim Burton employé chez Disney

Il y passera trois années difficiles, incapable d'intégrer les "codes" formatés du studio et faisant preuve d'une ténacité à toute épreuve en refusant de faire des concessions sur ses opinions artistiques, et comprenant mal qu'on exige de lui et de ses collègues d'être "à la fois un artiste et un zombie oeuvrant sans personnalité. Il faut être quelqu'un d'unique pour pouvoir faire coexister ces deux états dans un même cerveau."

Animateur

Il y travaillera entre autres sur Tron (non-crédité, en tant qu'animateur), The Lords of The Rings (non crédité, en tant qu'intervalliste), ainsi que sur Rox et Roucky (en tant qu'animateur) :

Je n'arrivais même pas à imiter le style Disney. Les miens [renards] ressemblaient à une route défoncée.(…) J'avais l'impression de subir le supplice de la goutte d'eau. (…) Je n'avais pas la force d'endurer cela, c'était au dessus de mes forces.

Il adapte son comportement en conséquence, dormant souvent entre 8 et 10h par jour, auxquelles il faut ajouter jusqu'à parfois 4h de sommeil supplémentaire pendant ses heures de travail, les yeux clôts mais bien assis derrière sa planche à dessin, le crayon à la main,prêt à gribouiller à la moindre entrée inattendue dans son bureau…

Je me comportais de manière étrange (…). Je m'installais fréquemment au fond d'une armoire dont je ne sortais pas, ou je m'asseyais sur mon bureau – ou au-dessous –, ou je faisais des trucs étranges comme me faire arracher une dent de sagesse et inonder de sang les couloirs. Mais je suis arrivé à dépasser ce stade. Je ne m'enferme plus dans une armoire. J'étais gardé à distance respectable, mais j'avais la paix.

Art Conceptor

Ensuite, il accède avec un bonheur relatif à un poste d'artiste-concepteur sur Taram et le Chaudron Magique, ce qui lui permet de jeter librement sur papier ses idées fantasques, indépendamment du fait qu'aucune ne sera retenue pour le film. Burton démarre une petite dépression.

J'ai épuisé, pendant cette période, mon réservoir d'idées pour 10 ans. Lorsqu'au bout de toutes ces années, je me suis rendu compte qu'ils n'avaient rien utilisé, ça m'a fait tout bizarre. Je me sentais comme une princesse prisonnière. Je pouvais dessiner tout ce que je voulais, mais j'avais l'impression d'être dans une cellule que la lumière du jour n'éclairait jamais.

Vincent, Frankenweenie et Hansel & Gretel

Après cette période difficile, il finit pourtant par obtenir le soutien Julie Hickson et Tom Wilhite, respectivement productrice exécutive et responsable du développement créatif chez Disney.
Ils réussiront à débloquer eux-même, de manière plus ou moins subversive, les fonds (60 000 $) qui permettront à Tim Burton de réaliser un petit bijou d'animation basé sur un poème qu'il voulait à la base éditer en livre : Vincent.

Ce film en stop-motion met en scène un enfant, Vincent Malloy, partagé entre sa vraie vie de petit garçon (à laquelle lui rappelle à plusieurs reprises sa mère) et son identification à Vincent Price, le héros de Tim Burton.
Une voix-off, celle de l'acteur lui-même que Burton arrivera à associer au projet, récite sur les images le poème écrit par Tim sur un ton proche des textes d'Edgar Allan Poe, dont il emprunte une citation en clôture le court-métrage.
Tim Burton deviendra un ami de Vincent Price et lui confiera plusieurs rôles, de même qu'il commença un documentaire -jamais terminé- sur lui, Conversations with Vincent.

J'ai toujours gardé contact avec lui [Vincent Price], même de façon relâchée (…) Il faisait partie de cette génération de gens avec qui on reste toujours connecté même s'il arrive qu'on ne se voit pas régulièrement. (…) Il était très encourageant. J'avais toujours l'impression qu'il comprenait exactement le propos du film, peut-être même plus que moi (…). Il en comprenait la psychologie sous-jacente.

Parmi les 3 collaborateurs à la réalisation du film, notons la présence de Rick Heinrich qui sera l'un des "fidèle" de Tim Burton tout au long de sa carrière et qui aidera à définir son style visuel.

Ensuite, toujours pour le compte de Disney et la même année, il tourne son premier film "live", Frankenweenie, toujours produit par Julie Hickson.
Ce moyen-métrage est une variation du film Frankenstein où un enfant joue les apprentis sorciers en faisant ressusciter son chien après que celui-ci ce soit fait renverser par une voiture.
Il dirige Shelley Duval (Shining) et la toute jeune Sofia Coppola (dans un rôle secondaire).

Néanmoins, ces deux essais -réussis-, trop atypiques par rapport à la ligne rigide du studio qui se cherche encore peu de temps après la mort de Walt, sont relégués au fond des tiroirs de Disney et ne connaîtrons qu'une diffusion marginale (Vincent devait initialement être projeté en première partie de Pinnochio), entre autres dans des festivals d'animation dont celui de Bruxelles en 1984.
Burton y recevra un très bon accueil et se dira plus tard redevable à la Belgique à ce titre.
Frankenweenie lui aussi récompensé, se voit également condamné après avoir été classé "PG" (interdit aux moins de 12 ans) par la censure.
Burton ne digérera pas le choc.

Dans la foulée de Vincent et Frankenweenie, il réalise également avec 166 000$ Hansel & Gretel, adaptation "kung fu" (où les héros sont joués par deux asiatiques) du conte des frère Grimm qui sera diffusé une nuit d'halloween sur Disney Channel, remportant un succès mitigé.

C'est également chez Disney que Tim Burton jette les premières bases d'une histoire se déroulant à "Halloweenland" et mettant en scène un certain Jack Skellington... Mais ceci est pour plus tard !

Bye Bye Mickey !

Las qu'on lui reconnaisse ouvertement son talent mais qu'on se refuse à l'exploiter en raison d'une ligne politique et artistique "trop sage", il claque la porte des studios en 1984 et en garde depuis un souvenir amer.
Ce qui ne l'empêche pas d'entretenir avec eux une relation étroite et ambiguë, sorte de "je t'aime - moi non plus" : comme l'explique très bien Mathieu-Alexandre Jacques dans "L'énonciation de l'interdit - ou comment Tim Burton a dynamité de l'intérieur les formations imaginaires proposées par Disney", le réalisateur intègre en effet très bien le "monde de Disney", qui figure chez lui une présence spectrale, sorte d'ombre dont le créateur de Batman ne semble pouvoir s'émanciper totalement.
Il connaît parfaitement la "grammaire" du studio, et partage certaines de ses thématiques (le merveilleux, par exemple), mais qu'il aborde sous un tout autre angle.
Le manichéisme Disneyien n'existe par contre pas chez Tim Burton, qui préfère mettre en scène des personnages à la psychologie plus complexe, qui ne sont ni tout à fait bons, ni tout à fait méchants (sa Catwoman est une incarnation parfaite de cette affirmation).

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Dernière édition par le Mar 9 Oct - 12:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Inclassable] Tim Burton   Mar 9 Oct - 12:51

Premières réalisations

Vincent et Frankenweenie attirent l'attention de l'industrie du cinéma, et il est approché par Griffin Dunne pour réaliser After Hours.
Martin Scorsese, qui est à l'époque en stand-by alors qu'il essaie de réunir les fonds pour sa Dernière Tentation du Christ, se montre également intéressé par le projet.
Burton, fair-play, lui cédera le passage.

Pee Wee's Big Adventure, The Jar & Aladdin

Peu de temps après, c'est Paul Reubens, animateur d'une émission télé pour enfants, qui vient trouver Burton pour réaliser une adaptation de son Pee Wee Herman Show.
Tim Burton accepte le pari et s'entoure d'une bonne équipe technique.
C'est la première fois qu'il a affaire avec un gros studio hollywoodien, en l'occurrence la Warner Bros.
Pour la musique du film, il fait appel au chanteur du groupe Oingo Boingo, Danny Elfman, qu'il avait déjà vu en concert alors qu'il était étudiant.
Bien que peu sûr de lui du fait de son absence de formation musicale "traditionnelle", Elfman se révélera être un compositeur de bandes originales particulièrement prolifique, autant pour Tim Burton que sur d'autres films ou séries télé.

Warner Bros était prêt à prendre des risques sur Pee Wee's Big Adventure, parce que le budget du film était minuscule. Ils ont parié sur moi. Ils ont parié sur Danny. (…) Quand je l'ai entendu jouer [la musique] par un orchestre, ça a été un choc. Ça a été une des expériences les plus mémorables de mon existence. C'était la première fois que la musique était un personnage à part entière d'un de mes films.

Il forme avec Elfman l'un de ces grands couples réalisateur/musicien tels que Hitchcock/Hermann, Fellini/Rota ou Spielberg/Williams.
L'Étrange Noël de Mr Jack est une étape particulière puisque la participation d'Elfman y est majeure (importance narrative de la musique et des chansons) et endosse le rôle de Jack lors des chansons.
Néanmoins, Burton refuse à Elfman le rôle "parlé" de Jack, ce qui sera à l'origine d'une dispute qui aboutira à une rupture, le temps d'un film (Ed Wood), entre les deux artistes.
C'est en effet à James Horner que Burton fera appel.

Burton déclare avoir été très en phase avec Pee Wee's Big Adventure, affectionnant l'univers de Pee Wee l'homme-enfant, son imagerie… et le fait que sa préoccupation majeure ne soit pas de sauver le monde, mais de… retrouver sa bicyclette.
Il arrivera à insuffler dedans sa touche personnelle et à relever des thématiques qui lui sont chères.
Sa complicité avec Paul Reubens fut très importante :

Si Paul et moi n'avions pas eu les mêmes goûts, ou n'avions pas été en osmose, ça aurait été un véritable cauchemar, d'autant plus qu'à cette époque de ma vie j'avais du mal à communiquer. J'aurai même été viré, car la star c'était lui.

Le film ne sera pas un chef d'oeuvre, mais fit un succès au box-office (rapportant 40 000 000 $ soit 7 fois son investissement de départ) et accrédite Tim Burton en tant que réalisateur de longs-métrages, malgré une critique partagée et même parfois méchante.

Il y a [dans l'industrie du cinéma] tellement de forces qui peuvent te démolir - les critiques, le box-office et le film lui-même - que ça t'oblige à garder une certaine humilité, à garder les pieds sur terre.

Il dirige par la suite deux petits téléfilms, l'un étant un remake de The Jar pour l'émission Alfred Hitchcock Presents, et l'autre, Aladdin and his Wonderful Lamp, adaptation du célèbre conte des 1001 nuits pour le Faerie Tale Theatre.
L'hôtesse de ce show n'est autre que Shelley Duval, qui fut précédemment dirigée par Burton dans Frankenweenie.
Ces deux réalisations sont assez mineures dans sa filmographie, disposant de faibles budgets et de délais assez courts. Tim Burton comprendra, en les réalisant, qu'il a du mal à s'appropier un matériau duquel il ne se sent pas proche, et cela sera désormais un critère primordial dans ses choix de réalisateur.
Cependant, Aladdin... comporte quelques séquences où l'empreinte de Tim Burton est clairement visible.

Tim Burton fait une entrée fracassante dans la cour des grands

Les deux projets suivant de Tim Burton assoiront le réalisateur à Hollywood, faisant preuve d'une capacité à transformer les projets difficiles en succès mondiaux.

Côté vie privée, sa relation avec Julie Hickson, de qui il était très proche chez Disney avant que leur relation n'évolue en idylle, prend fin peu après la sortie de Pee Wee. Cela aurait marqué un tournant important dans sa vie ( d'après Vanity Fair).

Beetlejuice

Après avoir refusé une série de mauvais scripts, il tombe sur Beetlejuice, une comédie macabre d'après une histoire de Michael McDowell et Larry Wilson.
Tim Burton y exploite fortement le potentiel comique ainsi que les personnages de Betlegeuse et de Lydia, qui devaient originellement occuper une moindre place.
En effet, le film d'origine devait à la base s'appeler The Maitlands et être réalisé par le maître du film d'horreur, Wes Craven (Nightmare on Elm Street, Scream).
Beetlejuice marque également la rencontre de Tim Burton avec Michaël Keaton (Beetlegeuse) et Winona Ryder (Lydia), à qui il confiera par la suite d'autres rôles en or. Il y dirige également Catherine O'Hara, Jeffrey Jones et Glenn Shadix, acteurs récurrents de sa filmographie.

Batman

En 1979, la Warner avait acquis les droits d'adaptation du comics de Bob Kane, Batman.
Tim Burton, toujours sous contrat dans le studio, incarne à leurs yeux la personne qui saura sublimer ce personnage mythique de la culture américaine, passant devant Joe Dante (Gremlins) et d'autres réalisateurs approchés dans un premier temps.
Il avait en effet été décidé que le projet lui serait cédé s'il répétait un deuxième succès au box-office après Pee Wee, condition remplie avec la réussite de Beetlejuice.
Si Batman sera une réussite, c'est le premier film d'une longue série dans laquelle Tim Burton sera confronté à des problèmes de divergences d'opinions face aux studios.
Ici, la Warner, appuyée par des milliers de lettres de fans mécontents, remet en cause le choix de faire endosser le costume de la chauve-souris à Michael Keaton, tout d'abord, est sujet à de longues discussions.
L'acteur est en effet à l'époque fiché "comique" et dispose en outre d'un physique assez standard.
Ce dernier aspect est, selon Burton, primordial : pour lui, Batman n'est pas un super-héros au sens propre du terme (c'est à dire possédant des supers-pouvoirs), mais un homme ordinaire (avec un physique ordinaire, donc) qui endosse un costume de justicier.
En outre, Tim Burton s'éloigne fortement du Batman kitsch et lisse des adaptations existantes (la célèbre série télé des années 60 avec Adam West) et propose un personnage très sombre et tourmenté, en cela beaucoup plus proche du comics original et surtout des travaux de Frank Miller et Alan Moore des années 80.
Il fallut même, pour calmer les ardeurs des fans, diffuser une première bande-annonce montée à partir des rushes et prouvant la qualité du travail accompli.
En dépit de tout cela, le film fut le seul de toutes les adaptations de Batman à gagner un Oscar, remis à Anton Furst pour les décors.

Les campagnes de marketing et de merchandising associée à la sortie du film furent également d'une ampleur encore inédite à l'époque, et le film rapporta plus de 10x son investissement initial de 40 millions de dollars, devenant l'un des plus gros hits de tous les temps au box-office.
Batman eut également une influence importante sur les autres films de superhéros à venir.

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MessageSujet: Re: [Inclassable] Tim Burton   Mar 9 Oct - 13:05

Les débuts des années 90 : 3 films, 3 succès
Fort de ces énormes succès, Burton entre dans les années 90 fraîchement marié (le 24 février 1989) avec l'artiste allemande Lena Gieseke et en ayant gagné la confiance du public et des studios. Il se tourne dès lors vers des films plus personnels et aux budgets moindres; considérés par beaucoup comme ses meilleurs.

Edward Scissorhands

A commencer par Edward aux Mains d'argent, une conte merveilleux (au sens propre du terme) co-écrite avec Caroline Thompson d'après une idée originale de Tim Burton.
L'histoire, comme la plupart de ses films de l'époque, comporte une dimension fortement autobiographique.

Les influences principales du scénario proviennent de Frankenstein, la Belle et la Bête, le Fantôme de l'Opéra et enfin de Der Struwwelpeter, un conte allemand du 19e traitant du fait de bien se comporter et où un enfant refuse, par exemple, de se laver ou... de se couper les ongles.

La Warner, qui avait produit les 3 films précédents de Burton, se montre peu intéressée et c'est donc la Fox qui décide de l'aider à monter son projet.
Pour l'acteur principal, le studio propose un acteur très en vogue à l'époque, Tom Cruise.
Burton, peu emballé, accepte de le rencontrer mais jettera finalement son dévolu sur celui qui, à l'époque, était surtout connu pour son rôle de play-boy dans la série teenage 21 Jump Street : Johnny Depp.
Leur rencontre, racontée par Depp dans la préface du livre Burton on Burton de Mark Salisbury, provoque des étincelles.
Le beau gosse de la télé incarnera un Edward tout en finesse, et deviendra l'ami de Burton, son complice et son alter ego à l'écran; par la même occasion qu'il démarrera au cinéma la carrière qu'on lui connaît.

Les costumes, qui ont dans ce film une importance toute particulière, seront réalisés par Colleen Atwood qui deviendra un « régulier » de Tim Burton.

Le film frappe les esprits de par sa poésie, sa musique et sa beauté visuelle; et est considéré comme le chef d'oeuvre de Tim Burton.

Batman Returns
5
1991. La Warner rappelle Burton pour réaliser la suite de Batman.

Après d'âpres discussions, Tim Burton accepte, en échange d'une lourde contrepartie financière et à la condition qu'il ait un contrôle total (ce qui est bien sûr relatif) sur le film.
Histoire d'éviter que le studio se mêle de son travail comme il l'avait fait sur le premier Batman, que Burton considère avec du recul comme son film le moins personnel.
Bien que la Warner ait acceptée la condition de Burton, ils ne cessent de lui tirer dans les pattes : son intérêt pour Batman Returns va en effet de pair avec l'introduction de nouveaux « méchants » : Selina Kyle alias Catwoman (Michele Pfeiffer), et Oswald Cobblepot, le formidable pingouin incarné par Danny de Vito.
Ces deux personnages sont mis, à titre d'importante, sur le même pied que Batman, voire même en avant par rapport au héros du film. L'opposition bien/mal est encore moins perceptible, et la moralité des personnages est toute relative.
En outre, le film est bien plus personnel et encore plus sombre que le premier opus.
Catwoman est affublée d'un caractère très « sexuel », ce qui dérangera bon nombre de personnes, qui arguent que le film ne convient pas à un public d'enfants.
Mc Donalds, poussé dans le dos par des associations de parents, va même jusqu'à annuler son partenariat marketing avec la Warner pour ce film.

Véritable explosion visuelle, lectures à plusieurs niveaux, c'est une réussite totale. Certaines scènes sont tout bonnement époustouflantes, comme la scène de défenestration de Catwoman par Max Shreck, sa transformation, ou encore la scène du bal où Batman et Catwoman, les ennemis masqués, se rendent compte de leur identité respective alors qu'ils sont en train de danser.
La partition d'Elfman, elle aussi, est un petit bijou.

Batman Returns fut cependant le film le plus dur à tourner pour lui : 24 semaines éprouvantes que Tim Burton qualifiera plus tard de « cauchemar ».
Période qui plus est assombrie par le suicide de son ami Anton Furst (décorateur sur Batman – le premier opus), dont le magasine people Vanity Fair le rend responsable dans un article outrageux.
Le réalisateur traverse une passe de dépression, dans laquelle sa remise en cause est totale puisqu'il songe à arrêter la réalisation pour ne plus se consacrer qu'à la peinture.

Le film, plus critiqué que le premier, n'est pas un aussi gros succès au box-office mais s'en sort tout de même très bien. Ces deux éléments verront la Warner s'interroger sur la suite de l'histoire à l'écran de l'homme chauve-souris.
Ils décideront d'engager Joel Schumacher pour deux suites, Batman Forever (1995) puis Batman & Robin (1997).
Tim Burton garde un oeil sur Batman Forever (un titre qu'il qualifie de « tatouage que l'on se serait fait sous l'usage de drogues ») puisqu'il reste au générique en tant que producteur exécutif.

Lisa Marie

Peu après Batman Returns, Lena Gieseke et Tim Burton divorceront.
À partir de la Saint-Valentin '92, Il sort avec Lisa Marie, une ancienne mannequin avec qui il a eu un coup de foudre dans un night-club la nuit de nouvel-an 1991.
Elle apporta beaucoup de choses à Tim Burton, et Henry Selick aurait même déclaré qu'elle lui sauva en quelques sorte la vie.
En effet, selon Wikipedia (qui cite Selick), Burton s'apprêtait à « suivre Anton Furst » (son ami et décorateur sur Batman qui s'était suicidé en novembre 1991).
Tim Burton restera 9 ans avec sa nouvelle compagne. Elle fut pour lui une source d'inspiration, en particulier pour The Melancholy Death of Oyster Boy and Other Stories, qui lui est dédicacé.

Il y a beaucoup de Lisa Marie dans ces nouvelles. Elle m'apporte beaucoup.Lisa Marie eut des secondes rôles dans 4 longs métrages de Tim Burton. Le plus mémorable reste celui de la femme martienne dans Mars Attacks!.

Tim Burton's Nightmare Before Christmas

En 1982, alors qu'il était chez Disney, Tim Burton avait écrit un poème narrant les (més)aventures de Jack Skellington, roi du pays d'halloween.
Las de semer la terreur, il découvrait au hasard d'une promenade le pays merveilleux de Noël et tentait par la suite de le fêter à sa façon...
Inspiré par le style du Dr Seuss et en particulier de son How the Grinch stole Christmas; le projet est -à nouveau- jugé trop noir par Disney, et Tim Burton manque de moyens pour le lancer. Il restera donc dans dans les cartons.

1990. Maintenant que la donne a changée pour Tim Burton, il décide de monter le projet.
Bien que les droits appartiennent à Disney, il arrive à les convaincre de financer son film.
Son film ? Pas entièrement, puisque c'est Henry Selick qui le réalisera.
Tim Burton est en effet trop occupé à s'emmêler les pinceaux sur Batman Returns; mais il n'empêche que c'est son projet, avec son histoire, ses personnages et son univers visuel...
Et puis surtout, il rappelle à nouveau Danny Elfman pour s'occuper de la musique, qui a ici une importance toute particulière puisque Nightmare Before Christmas prend la tournure d'un film musical.
L'élaboration du long métrage se fera donc dès l'écriture en étroite collaboration avec le muscien.
Viendra d'y greffer par la suite Caroline Thompson (la scénariste d'Edward et co-scénariste de Corpse Bride), avec qui il montera Skellington Prod (renommé en Twitching Images dès 1994) pour s'occuper de la production du film.

Véritable défi technique, 14 animateurs y travaillent simultanément 12h par jour et 6 jours semaine pendant plus de 2 ans.
Ils ne produisent « que » (dans le domaine de l'animation, c'est relatif) 60 secondes d'animation par semaine, jonglant avec plusieurs dizaines de poupées ayant chacune de nombreuses têtes interchangeables (180 pour Jack) à animer dans des décors somptueux traversés, qui plus est, par des mouvements de caméra compliqués calculés par ordinateur.

Le film n'aura coûté que 50 millions de dollars et remporte un grand succès, qui sera plus tardif en Belgique et en France.
Il est encore aujourd'hui objet d'un véritable culte, et un tas de produits dérivés on fait leur apparition.
En 2006, Disney travaille en collaboration avec ILM pour remastériser le film en relief à travers un procédé assez compliqué. Pour l'occasion, la bande originale est rééditée, accompagnée d'un 2e cd sur lesquels des artistes connus (dont Marylin Manson) reprennent certains titres d'Elfman.

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MessageSujet: Re: [Inclassable] Tim Burton   Mar 9 Oct - 13:08

Tim Burton inquiète Hollywood

Cabin Boy et Mary Reilly

Dans la foulée de L'Étrange Noël, Tim Burton et Denise di Novi produisent pour Disney le Cabin Boy de Adam Resnick, un hommage bizarre à la série des Simbad.

Le film est un échec critique et public, bien qu'il retrouva un succès modeste lors de sa sortie en VHS, avec lequel il devint l'objet d'un certain culte.

Il enchaîne sur Mary Reilly, une adaptation de Dr Jekyll et Mr Hide pour laquelle Winona Ryder est pressentie comme actrice principale.
La Columbia met directement la pression sur Tim Burton en essayant de troquer Winona contre Julia Robert et en le menaçant de ne pas travailler assez vite : « il y a cinq autres réalisateur qui veulent faire ce film ».
Tim Burton comprend vite que l'entente sera à nouveau difficile entre lui et les studios, et abandonne le projet. Ce dernier sera finalement repris par Stephen Frears, avec... Julia Roberts.

Ed Wood

Durablement marqué par les films de son enfance, Tim Burton décide, en parallèle avec Mary Reilly, de développer un film moins « lourd » que ce qu'il avait fait pour l'instant à Hollywood: Ed Wood.
Le film est une biopic, hommage à Ed D Wood Jr., souvent qualifié de « pire réalisateur de tous les temps ».
Burton devait dans un premier temps seulement le produire, mais, séduit, décide rapidement d'en assumer la réalisation d'après un script de Scott Alexander et Larry Karaszewski.
Il exige un contrôle artistique complet sur le film, et plusieurs studios se succèdent pour produire le projet, avant que Disney lui garantisse cet aspect.
Disney ? Le studio essaie en effet de s'impliquer à l'époque dans des projets qui pourraient aider à retrouver sa gloire perdue.
Le budget est peu élevé, les acteurs sont payés très modestement, et Tim Burton décide de le tourner en noir et blanc.
Bien que le film soit d'origine biographique, quelques éléments inventés y sont glissés, comme par exemple la rencontre de Wood avec Orson Welles (Citizen Kane), surnommé quant à lui « le meilleur réalisateur de tous les temps ».
Ed Wood sera incarné par Johnny Depp, et c'est Martin Landau qui se glisse dans la peau de Bela Lugosi, l'acteur fétiche/héroïnomane de l'excentrique réalisateur. Il remportera un Oscar du meilleur second rôle pour cette prestation.
Il est très probable que l'intérêt de Burton pour ce film et sa mise en avant de la relation Wood/Lugosi ait un rapport avec son histoire personnelle avec Vincent Price, mort peu auparavant.
Une fois n'est pas coutûme, c'est non pas Danny Elfman (ils s'étaient querellés sur l'Étrange Noël) mais Howard Shore, écrivant une assez proche de ce que le musicien attitré de Burton aurait pu faire.
Le film offre un aperçu de la polyvalence de Tim Burton que l'ont croit souvent -à tort- incapable de faire autre chose que des films « gothiques ».
Ce sera un succès critique mais un échec commercial, seul film de Tim Burton à avoir fait un chiffre d'affaire inférieur à son budget de départ.

James and the Giant Peach

Toujours avec Denise Di Novi, Burton produisent à nouveau un film ensemble : James and the Giant Peach, sorti en 1996.
Le film est un mélande de live et d'animation, réalisé par Henry Selick (l'Étrange Noël de Mr Jack).
La production de ce film témoigne de l'intérêt qu'à Burton pour Roald Dahl (et son illustrateur fétiche Quentin Blake), intérêt qui sera renouvellé plus tard avec la réalisation de Charlie et la Chocolaterie.

Mars Attacks!

Jonathan Gems, qui est un collaborateur régulier de Burton depuis Batman, tomba un jour sur un jeu de cartes collector Mars Attacks! (série de cartes à collectionner que la société Bubbles Inc. avait lancé en 1962 – vous pouvez les voir dans la section dédiée au film) et les présente à Tim Burton.
Séduit par la trouvaille alors qu'il travaille à l'époque sur un film dédié à Catwoman, il rappelle quelques mois plus tard pour lui demander d'écrire un scénario basé sur l'univers du jeu de cartes.
Burton se pose à l'époque beaucoup de questions sur l'évolution politique du monde et en particulier de l'Amérique, et aime la dimension critique que le film peut apporter à cet égard.
Ils décident de s'inspirer en grande partie de tous les films d'invasions des années 50.
Le budget de Gems doit être revu plusieurs fois à la baisse (280 millions de dollars au départ, réduits à environ 75), et les martiens seront animés en image de synthèse par ILM alors qu'il avait un temps été envisagé d'utiliser la stop-motion, trop longue à mettre en oeuvre et moins indispensable sur ce film.
Le casting comporte une série impressionante de star reconnues dont Jack Nicholson, Glenn Close, Pierce Brosnan, Annette Bening, Danny DeVito, Michael J. Fox, Natalie Portman, Lukas Haas, Sarah Jessica Parker et Tom Jones...).
Le film, qui sort en 1996, est cependant très mal accueilli par une Amérique souvent trop patriotique et pudique, tandis qu'il connaîtra un assez grand succès international, en particulier en Europe ou la critique décalée du réalisateur à l'égard de son propre pays amuse beaucoup.

Comble du hasard, Independance Day sort quasiment au même moment, avec une vision tout à fait... différente du problème.

Superman Lives : Un projet avorté

La Warner contacte Burton en 1997 pour réaliser un 5e volet de sa série Superman, Superman Lives (Superman est toujours vivant) d'après un scénario de Kevin Smith et avec Nicolas Cage dans la peau de l'homme au costume moulant.
Burton démarre au quart de tour et la phase de développement du film démarre, avec Elfman pressenti pour la musique.

Sa première décision artistique est de se débarasser du script de Smith, qu'il juge trop complexe, et de le confier à Wesley Strick, scénariste qui avait participé à l'écriture de Batman Returns.
En travers de la route de Clarke Kent, c'est semble t-il Jack Nicholson qui aurait été pressenti pour le rôle de Lex Luthor.

Après un an de développement (dont les frais sont estimés à 20 millions de dollars), la construction des décors débute en Pennsylvanie, sous la direction artistique de Rick Heinrich.
Il ne faudra pas six semaines à Terry Sernel, président adjoint de la warner, pour virer le nouveau scénariste et interrompre la pré-production.
Le studio cherche à limiter le budget du film et à ré-imposer Smith en tant que scénariste, avant d'en changer une nouvelle fois pour Dan Gilroy.

Entre temps, Danny Elfman quitte le projet et la Warner pousse Nicolas Cage à en faire de même (il aurait reçu 17 millions de dollars pour « claquer » la porte).

Octobre 1998. Les tensions entre la Warner, Jon Peters (le producteur au caractère autocratique avec lequel Burton avait déjà dû composer sur Batman) et Tim Burton sont trop fortes.
Sur internet, les esprits des fans s'échauffent. Tim Burton est remercié, tandis que Nicolas Cage est rappellé.
La Warner continue à faire défiler les candidats aux divers postes du film, avant que le projet soit définitivement abandonné après le départ de Cage en 2000.

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King Burton
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MessageSujet: Re: [Inclassable] Tim Burton   Mar 9 Oct - 13:12

Tim Burton Lives: la renaissance
The Melancholy Death of Oyster Boy and Other Stories

Un reccueil de poèmes

En 1997, Tim Burton sort un recueil de poésie surprenant : The Melancholy Death of Oyser Boy and Other Stories (La Triste Fin du Petit Enfant Huître et Autres Histoires), qu'il dédie à Lisa Marie.
Le réalisateur y accouche d'une famille d'enfants solitaires, étranges, différents: le garçon avec des clous dans les yeux, la reine tête d'épingle, Ludovic l'enfant toxique et bien d'autres y vivent des histoires bizarres, emmenés par le petit enfant huître comme chef de file.
L'un des personnages résonne étrangement avec le dernier projet avorté de Tim Burton : Stain Boy -l'enfant tache-, qui salit tout ce qu'il touche, malgré le fait qu'il arbore fièrement un S sur sa cape...
Le livre sort aux éditions 10/18 dans un format bilingue anglais-français aux éditions, pour fêter le 3000e livre de la maison d'édition.
Depuis quelques années, un merchandising important (les Tragic Toys) basé sur les personnages du recueil, a fait son apparition.

Stainboy salit la toile !

En 2000, l'une des premières série de courts-métrages en flash fait son apparition sur le web : Stainboy, qui met en scène l'enfant tache (orthographié dans le livre Stain Boy) dans 6 petits courts métrages (que vous pouvez visionner dans la rubrique concernée du site).
Tim Burton sort les grands moyens, ce qui était encore inédit dans les films web de l'époque : la musique est en effet signée Danny Elfman, et le casting voix n'a rien à envier au cinéma : Lisa Marie et Glenn Shadix sont en effet de la partie.
La réalisation est confiée au studio Flinch qui tente de surmonter les obstacles techniques pour respecter le style graphique particulier de Burton.
A l'époque, on pouvait lire dans un article de la Libre Belgique : « Quand l'internet permet des choses aussi abouties, on a envie de croire en ses possibilités et en son avenir. »
Prémonitoire ?

Sleepy Hollow

1998. Les producteur Scott Rudin et Adam Schroeder viennent trouver Tim Burton avec un script d'Andrew Kevin Walker, Sleepy Hollow, tiré de la nouvelle éponyme de Washington Irving.
Fraîchement débouté de Superman Lives, celui-ci accueille le projet comme une bouffée d'air frais, motivé en plus par le fait qu'il n'avait encore jamais réalisé de films d'épouvantes, le genre qu'il affectionne pourtant le plus.
Après avoir cherché plusieurs endroits dans lequel le tournage pourrait avoir lieu, son équipe en arrive à la conclusion que l'idéal serait de construire tous les décors; pratique qui était d'ailleurs la plus répandue chez les réalisateurs de films d'horreurs que Burton affectionnait tant enfant.
99 % des scènes du film seront donc tournés dans des décors construits (dans les studios de Pinewood, en Angleterre), ce qui permet à Burton et aux décorateurs de façonner les moindres détails visuels comme ils l'avaient imaginés.
Cela contribua à donner à l'atmosphère visuelle du film une teinte très particulière, empreinte d'expressionnisme.
Côté technique, le réalisateur tente de réaliser le maximum d'effets possibles directement sur le plateau, une démarche aux antipodes de Mars Attacks! : il utilise par exemple beaucoup la perspective forcée, un effet optique régulièrement utilisé dans les vieux films et particulièrement remis au goût du jour dans le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson. Il l'utilisera également pour les scènes du géant dans Big Fish.
Il rappelle également bon nombres de ses fidèles dont Chris Lebenzon (montage), Rick Heinrich (direction artistique, et bien sûr Danny Elfman (musique), pour une partition inquiétante.
Côté casting, il retrouve son acteur fétiche Johnny Depp pour le rôle principal d'Ichabod Crane, ainsi que Christopher Walken (le Max Shreck de Batman) pour endosser la cape du cavalier sans tête, Jeffrey Jones (Beetlejuice, Ed Wood) et Martin Landau (Ed Wood).
La petite nouvelle n'est autre que Christina Ricci (la Famille Addams, Buffalo '66), que Burton s'amuse beaucoup à teindre en blonde pour le rôle de Katrina Van Tassel.

Le film recevra un très bon accueil général et ramène Tim Burton au "top".

Créé par Gordie.Lachance, avec l'aidé de Jack Torrance pour le contenu le 9 septembre 2001. Tous droits réservés.

Filmographie

Vincent (1982)
Frankenweenie (1984)
Pee Wee's Big Adventure (1985)
Beetlejuice (1988)
Batman (1989)
Edward scissorhands (1990)
Batman Returns (1992)
L'étrange Noël de Mr Jack (1993)
Ed Wood (1994)
Mars Attacks! (1996)
Superman
Sleepy Hollow (1999)
Planet of the Apes (2001)
[iCi] Big Fish (2003)
[iCi] Charlie et la Chocolaterie (2005)
The Corpse Bride (2005)
Sweeney Todd (2007?)
Believe It Or Not! (reporté)

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